Néréides, pour violon et piano (2009)

Image hébergée par Casimages.com : votre hébergeur d images simple et gratuit Dans la mythologie grecque, les néréides sont les nymphes marines, filles de Nérée et de Doris. A l’instar de leurs cousines les sirènes, elles sont éprises de musique et de chant, mais elles sont moins dangereuses que ces dernières. Néanmoins, il convient de s’en méfier, car elles sont imprévisibles et facessieuses. Selon les dires des anciens, elles sont au nombre de 50, mais d’autres prétendent qu’elles sont aussi nombreuses que les vagues des océans. Les Néréides sont donc la personnification des vagues, des embruns, de la houle et de l’écume. On les représente parfois sous forme de dauphins, notamment en référence à l’histoire d’Andromède à qui Poséidon, Dieu des océans, envoya deux dauphins messagers pour lui annoncer l’arrivée de Persée, venu la délivrer du rocher auquel elle était enchaînée par Cassiopée. Cette dernière souhaitait que sa fille soit dévorée par le monstre marin, pour avoir osé défier sa beauté.

 

La néréide Thétis (morphing: Laurent Pigeolet)

Ce duo pour violon et piano est une commande pour le Festival Emergence. “Néréides” me fut inspirée par les paysages sauvages de Bretagne où je passai mes vacances d’été, dans les régions de Lorient et de Brest, près du cap de la Chèvre. Néréides est dédiée à mes deux “Eli élues”: Elisabeth Deletaille, violoniste, et Eliane Reyes, pianiste. Cette pièce est en attente de création. Description: Néréides est une succession d’ondulations allant de la simple goutte à la vaguellete, et de la vague au véritable tsunami. Le discours y est entrecoupé ça et là par des “visions” extatiques,  sortes d’apparitions sonores magiques. Au niveau compositionnel, cette pièce est une réflexion sur le phrasé musical, sur les multiples morphologies que peuvent emprunter les ondulations sonores. Il s’agit d’une pièce concertante où les deux instruments se confrontent avec virtuosité. J’évitai notamment de considérer le piano comme l’instrument accompagnateur du violon, celui qui se borne à apporter son soutien harmonique. Ici, les deux protagonistes sont sur un même pied d’égalité. Plusieurs gestes principaux se confrontent: accélérations-tensions, ralentissements-détentes, tourbillons, vagues de tourbillons, chocs, statismes, éclats-éclaboussures. Au niveau technique, on trouvera dans cette oeuvre des échelles non octaviantes ou semi-octaviantes, des glissements harmoniques (fondus-enchaînés et morphings), des effets de prismes, des polyrythmies, une liberté donnée aux interpètes par rapport au accélérations et décélérations dans certains passages, des modes de jeu inhabituels au violon, et au piano, des doubles glissandos qui s’écartent dans une même main, ainsi que des glissandos qui changent de couleur harmonique. Certaines vagues ont été également  inspirées par la théorie d’Eliott, habituellement utilisée pour les prévisions du cours de la bourse! Parfois, les proportions harmoniques, temporelles et intervalliques sont, à l’image des vagues d’Eliott, dérivées d’échelles logarythmiques et de la série de Fibonacci.